la Charte Arsinoe

Les valeurs fortes de l’association :

La résilience :

Le concept de résilience met l’accent sur un processus dynamique propre à l’individu.

Il permet de se réhabiliter, non plus en tant que victime, mais en tant que personne véritablement actrice et responsable de ses choix.

Nous partageons et promouvons les idées maîtresses de Boris CYRULNIK, psychiatre et éthologue qui exclut le fatalisme, « le destin des mal-partis, n’est pas forcément de mal finir ».

Activer sa « résilience », c’est mettre en œuvre une capacité à rebondir, une aptitude à résister et à reprendre un développement créatif après des circonstances traumatisantes.

Le malheur existe mais le bonheur aussi. Cependant il est parfois nécessaire d’acquérir cette aptitude à être heureux et d’apprendre à la construire, notamment dans les cas de vécu traumatique. Tout comme l’huître qui a un extraordinaire pouvoir de transformation du grain de sable intrus :

« L’animal tente de repousser ce corps étranger mais ses efforts se révèlent impuissants. La douleur est indéracinable. Que fait le coquillage en cette fatalité ? Il travaille à l’intérieur de lui-même, il mobilise ses forces, enrobe le grain de sable et en fait une perle.
Transformez votre douleur, en œuvre humaine et elle n’aura pas été vaine. ». Elisabeth LUKAS

Notre Autre Regard Sur l’INceste pour Ouvrir sur l’Espoir est aussi et avant tout cela.

L’attitude de non-jugement

L’association ARSINOE privilégie une approche globale et humaniste prenant en compte la personne ayant vécu l’inceste, l’auteur de l’abus sexuel, le conjoint, et plus largement l’entourage familial immédiat.

Adopter une attitude de non-jugement permet de ne pas « réduire » l’auteur à son acte « déviant » ni la victime à son traumatisme.

Si l’acte est bien évidemment condamnable, l’auteur responsable de celui-ci reste cependant un être humain à part entière.

Ce non-jugement s’applique également aux personnes ayant vécu l’inceste et au conjoint de l’abuseur. Ces personnes abritent très souvent un fort sentiment de culpabilité et de honte, mais aussi, la peur d’être jugées et montrées du doigt ; aussi s’enferment-elles souvent dans le secret.
Faut-il rappeler que la sortie du « non-dit » est le premier acte libérateur ?

Oui, nous pensons que les personnes ayant été victimes ont le pouvoir de guérir si elles comprennent que l’acte n’a pas souillé leur être profond, qui lui, est inaltérable. Prendre conscience de cela peut leur redonner le sens d’une nouvelle vie, d’un nouveau regard sur elles-mêmes…. et s’ouvrir ainsi vers un nouvel espoir d’épanouissement personnel.

« La plus grande découverte de ma génération est que l'être humain, en changeant son mental et son attitude intérieure, peut changer tous les domaines de sa vie." William JAMES. Père de la psychologie américaine.

Le pardon libérateur

s’inscrit pour nous dans une vision humaniste et ne peut, par conséquent, être confondu à quelconque autre référence.

Nous posons comme préambule qu’un véritable travail thérapeutique passe par le fait que la personne « victime » d’abus sexuels soit « reconnue » comme telle.

Aussi, le terme de « victime » utilisé dans nos écrits reste en référence à cette première étape.

De façon générale, et afin de ne pas rester dans la victimisation ou la condamnation, nous utiliserons respectivement le terme « personne ayant vécu l’inceste » et « auteur d’abus sexuel ».

Nous pensons que parmi les « réparations » nécessaires dans la vie relationnelle d’une personne victime quelle qu’elle soit, mais ici pour ce qui nous intéresse, de l’abus sexuel, d’un abuseur, ou de ses proches, le pardon à soi-même et à l’autre permet de se libérer du sentiment de haine qui aliène. Il s’ensuit alors un apaisement.

Entretenir un esprit de vengeance, des rancunes ressassées, avoir du ressentiment est, nous en sommes convaincus, une excellente façon de se nuire à soi-même, et d’augmenter son propre « mal », de le faire perdurer dans le temps.

Pour parvenir au pardon: 4 étapes nous semblent essentielles :

Contrairement à certaines croyances du type : « si je te pardonne, ou même si je cherche à comprendre l’autre, je perds la face », le fait de pardonner, selon nous, ne correspond nullement à un acte de faiblesse : au contraire, il est le signe de la Force d’Âme d’une personne. Il n’est pas non plus une manifestation de pitié.

Par "donner" c'est d'abord se faire un DON à soi-même, c’est devenir actif dans le but de réparer une relation, dans le passé ou pour le présent et l’avenir. Pardonner c’est dépasser l’événement traumatisant et se reconnecter avec sa propre impulsion de construction.
De plus, c’est « donner à l’autre, par compassion, l’opportunité de se pardonner », de retrouver son véritable chemin respectueux des autres.